Asile 404 : Folies créatrices

Arts plastiques, musique « progressiste », théâtre, expos, à l’Asile 404 on évite de s’enfermer dans des genres. Dans le petit local cellulaire de la rue d’Aubagne, la culture se propage et s’hybride comme une maladie. Frappés d’un grain de folie, les arts — tous les arts — à l’Asile se libèrent.

Les « moments de fulgurance ». La harpiste Félon ne vit que pour ça, son trio et son « projet solo fragile et foutraque ». Elle manipule sa harpe d’une main pendant que l’autre défigure le son avec des pédales d’effet. Les 30 m² de l’Asile 404, à deux pas du cours Julien, sont archicombles. Avec la déco style néo-catacombes et les radioscopies qui volettent comme autant de fantômes, l’atmosphère est souterraine. Mais les regards sont bienveillants.

Léa, alias Félon, a passé une semaine en résidence d’artiste à l’Asile 404. « L’idéal pour se mettre à fond dans un projet ». L’association Quatre sans Quatre l’a mise en relation avec Anaïs, une danseuse marseillaise. Ensemble, elles ont monté ce spectacle-concert intimiste dont l’ingrédient secret est l’improvisation.

Félon altère le son de sa harpe avec des pédales d’effets
© Damien Desbordes

Un refuge et une prison

« C’est un lieu dans le lieu, où ceux qui sont dedans sont protégés du dehors et inversement », explique Olivier Gomel, cofondateur de l’Asile 404. Pourquoi pas 403 ? Référence à la fameuse « Erreur 404 » des navigateurs web, l’alerte aux pages inexistantes. « C’est un refuge et une prison. » Car tout, dans ce centre culturel et multiculturel, encourage à s’ouvrir pour mieux inventer. « On essaie de désacraliser la pratique artistique. » La programmation de l’Asile, c’est une moyenne de deux concerts par semaine, et sans estrade pour plus d’intimité. Avec une prédilection pour les expériences et une seule règle : pas de règles.

« Qui veut vient »

Espace culturel associatif, l’Asile 404 accueille depuis 5 ans des représentants de tous les arts et tous les courants pour construire des ponts. « Qui veut vient », s’exclame Olivier, lui-même musicien et plasticien.

Entre les quatre murs de l’asile, le concert de harpe touche à sa fin. La danseuse Anaïs, en proie à l’improvisation, est allée s’exprimer artistiquement jusque dans la rue. Entre les artistes et le public, il n’y a plus aucun filtre : « Ca aurait pu être mieux », dit Félon. « Toujours », répond quelqu’un. Et dans un coin de la salle, une femme s’est laissée hypnotiser par le son et les gestes. Elle s’est mise à fredonner. Quelque chose en elle s’est libéré. Un moment de fulgurance ?

Damien DESBORDES

 INFOS PRATIQUES :

L’Asile 404, 135 rue d’Aubagne, 13006 Marseille. Deux événements sont proposés par semaine en moyenne, le vendredi et le samedi.

SORTIES D’ASILE

LIKER 404

DEMANDE D’ASILE