A Bois de Brindille, le vivre-ensemble sort de terre

BOIS DE BRINDILLE

Chantecoucou, c’est le chemin qui mène à Bois de Brindille. Et même si avec un nom pareil on s’imagine arriver dans un lieu imaginaire sorti d’un conte ou d’un jeu vidéo, cela est loin d’être le cas! L’endroit dans lequel nous venons de poser nos bagages pour une journée est un écohameau. Fraichement sorti de terre.

Mais aucune maison à l’horizon! L’hiver arrive et pourtant, sur ce lopin de terre du Cannet des Maures, 10 familles vivent encore dans des Mobil-Homes. Leur projet est de bâtir de leurs mains leur éco-logement. Une idée ambitieuse, qui prend un peu plus de temps que prévu.

Pour tous, l’idée de vivre au sein d’une société alternative a germé pendant des mois, voire des années. Décidés à franchir le pas, en quelques clics, ils se sont tous trouvés sur internet pour ce projet collectif. Dès le départ, l’autoconstruction est leur principal objectif, leur fil rouge c’est la solidarité, le collectif leur mot d’ordre. Une addition simple qui donne naissance en juin 2015 à  ce qu’on appelle une « communauté alternative » .

Ici, les habitants vont et viennent. Certains croient poser leurs valises pour la vie, mais ne tiennent qu’une semaine. D’autres veulent expérimenter quelques jours la vie collective et choisissent finalement de s’installer. Si les nouveaux arrivants sont fait pour vivre ici, dès les premiers instants, « on le sent ou on le sent pas », explique Marie.

Marie fait partie des premiers arrivants, et surtout des fondateurs du projet. C’est un des piliers du groupe, peut-être la mieux placée pour décrire la vie à Bois de Brindille.

 Interview et montage : Joanne Massard

Avant d’accueillir l’éco-hameau, le terrain était un zoo. Il appartenait à une femme que tout le monde appelait « Brindille », d’où le Bois de Brindille. Aujourd’hui encore, certaines traces du zoo subsistent. L’ancienne cage du gorille est devenue la cuisine commune. La volière elle, est un parfait espace de jeu pour les enfants.

Les enfants de Bois de Brindille trouvent beaucoup d’animations dans les anciennes cages.

Réalisation : Joanne Massard

Crédits: Joanne Massard et Camille Rivieccio

Dans cet écohameau, la clé de la réussite c’est l’intergénérationnalité. De 2 à 65 ans, tous les âges se mélangent et les enfants sont essentiels pour l’équilibre du collectif. “Les plus jeunes apaisent les tensions. Ils permettent de faire le lien entre les adultes” raconte Marie. Ils jouent ensemble, demandent souvent de manger chez les voisins et la sollicitent constamment pour faire de la confiture ou explorer la vie des insectes sur le terrain. Des moments de partage qu’elle savoure et qu’elle conte le sourire aux lèvres, les yeux remplis d’amour. Car même si elle ne le dit pas elle-même, une fois le dos tourné, Olivia l’une des habitantes de l’écohameau l’affirme : “Marie, c’est un peu la mamie des petits à Bois de Brindille”.

                    La joie des enfants apaisent les tensions des adultes. Crédits : Camille Rivieccio

Pour que le collectif fonctionne, il faut évidemment se répartir les tâches, comme pour les travaux de viabilisation débutés sur le terrain. Mais ici, on  considère que celui qui fait la cuisine pour le groupe a autant d’importance que ceux qui sont en train de travailler sur le chantier. Chacun apporte ses compétences et la complémentarité est de mise. Heureusement, le vivre-ensemble ne rime pas uniquement avec tâches et travaux… Ce sont ces moments, surtout, qui ponctuent la vie à Bois de Brindille : des instants partagés dans la serre, lieu de vie commune, des rires, des repas pris à l’improviste. Ensemble.

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Les habitants mangent souvent ensemble, et tout le monde met la main à la pâte. Crédits : Alexandra Lay

Joanne Massard et Chloé Gaborit