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Construction et deconstruction du concept de race, impact en France

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Avez-vous déjà vu un Noir, une personne aux yeux bridés, ou au teint bronzé, dont les traits différents de vos origines ont déclenché ne serait-ce qu’un cliché dans votre esprit ? Avez-vous défini cette personne par ces clichés avant même de la connaître ? Si oui, vous avez sûrement assigné une « race » à quelqu’un, associée à des signes physiques distinctifs (couleur de peau, morphologie, traits du visage …), à des idées préconçues.

Les théories raciales biologiques ont été la base de la construction sociale de la race. Le racisme associe des caractères physiques à des caractères moraux et culturels. Il constitue un système de perception, une « vision syncrétique où tous ces traits sont organiquement liés et en tout cas indistinguables les uns des autres » (Colette Guillaumin, « Race », Pluriel-recherches : Vocabulaire historique et critique des relations inter-ethniques). Dans le regard du racisant – la personne qui perpétue un acte raciste -, « l’homme précède ses actes »  (Zygmunt Bauman, Modernité et Holocauste). Des critères physiques catégorisent une personne, ce processus peut être défini comme l’assignation d’une race.

La chronologie qui suit retrace la construction et déconstruction du concept de race comme construction biologique et sociale. Le choix des informations ne se veut pas exhaustif. Les dates choisies correspondent à des événements souvent officiels, mais il faut rappeler que beaucoup d’initiatives citoyennes ont aidé à la déconstruction du concept social de race. On peut penser aux actions de groupes anti-racistes ou à celles des mouvements anti-colonialistes.

Vous avez dit « race » ?
Marche pour les droits civiques à Washington D.C, 28 août 1963. Crédits : U.S. Information Agency.

« Blanc/Caucasien, Noir/Afro-Américain, Asiatique, Hispanique/Latino, Amérindien/natif d’Alaska, natif d’Hawaï/autre Océanien, autre » : voici les « races » proposées aux citoyens américains sur le formulaire qui permettent les statistiques ethniques. Tous les dix ans, le Bureau de recensement des États-Unis (« United States Census Bureau », USCB) compte la population américaine et collecte des données, dont des informations sur l’appartenance ethnique. Chaque citoyen américain est libre de cocher ou non une case correspondant à des origines, mais le taux de non-réponses est minime. Depuis 2000, il est possible d’en choisir plusieurs.

La « race » est une partie de l’identité déterminante aux États-Unis. L’esclavage puis la ségrégation raciale terminée en 1967 ont laissé des traces. La couleur de peau définit encore un statut dans la société. Exemple, selon des chiffres du Washington Post, 23% des personnes tuées par la police en 2017 étaient des hommes noirs. On peut aussi penser au taux d’emprisonnement des Afro-américains qui dépasse les 40% alors qu’ils représentent 13% de la population américaine.

L’utilisation du mot « race » est pourtant courante et acceptée, contrairement à la France. Il n’y a pas de raison claire qui explique ce constat et la question n’intéresse plus tellement. Aujourd’hui, comme l’indique Sarah Fila-Bakabadio à l’Express, maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise, des chercheurs s’intéressent plutôt à ce que les américains peuvent trouver de positif dans l’appartenance à une « race ».

Mariétou Bâ

Auteur·trice

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