Le road-trip de Théo et Kitty, un truc de « wwoof » !

Quitter les bancs de la fac le temps d’une année pour emprunter la route des écovillages, c’est la résolution de ce jeune couple en quête d’aventures. Instantané de ces infatigables globe-trotters.

Nous aurions pu les croiser au bord de la route, le pouce levé. Mais c’est autour d’une table de fortune en bois d’acacia, au coeur de la ferme du Collet, que nous faisons la connaissance de Théo et Kitty. Ils se délectent du déjeuner 100% bio préparé par leurs hôtes et composé d’une salade de pommes pissenlits, de kakis et de fenouil cru. “Nous n’avions jamais goûté de pissenlits. C’est très bon !”, confie Théo dans un sourire. Emmitouflée dans son poncho, Kathleen “Kitty” se sert une tasse de tisane maison à base de réglisse sauvage. Cela fait plus d’une semaine que le jeune couple a posé ses quartiers à la ferme du collet.“On apprend énormément de choses au contact des habitants de l’écohameau, notamment sur l’autosuffisance alimentaire”, se réjouissent-ils.

Réfléchis et plus motivés que jamais, les deux étudiants de 21 ans ont soigneusement organisé leur expédition. Partis depuis septembre, ils ont programmé chaque étape de leur voyage au millimètre près. Ils restent en moyenne trois semaines dans un écolieu.  “Pour l’instant nous avons visité quatre écovillages, dont deux culturels. L’objectif est d’en expérimenter le plus possible.”

À lire : notre long format « On a testé pour vous… 24h dans un écohameau » 

Road-trip alternatif 

Les deux électrons libres se sont rencontrés à l’université à Clermont-Ferrand en licence arts du spectacle. L’idée de partir en sac à dos à la conquête des éco-villages germait dans leur tête depuis un petit moment. “Nous nous sommes toujours beaucoup questionnés sur les lieux et modes de vie alternatifs. Après avoir obtenu notre licence, nous nous sommes dits que c’était le moment idéal pour partir à leur découverte”, explique Théo. Appuyés par le collectif Baboss & Co dont ils sont membres, ils créent alors leur projet, “Coup de pouces !”. “C’est une référence à notre unique moyen de locomotion : le stop !”, indique Kitty. “Pour l’instant nous avons eu beaucoup de chance : nous sommes toujours parvenus à temps à notre destination. On touche du bois, c’est moins galère que prévu !”, poursuit Théo dans un rire.

Le logo de la page Facebook « Coup de pouces ! » ©Guillaume Donnat

Des “wwoofers” nés

Pour pouvoir naviguer d’écovillage en écovillage, il a fallu trouver la solution la plus adaptée pour deux étudiants pas encore indépendants financièrement. Pour Théo et Kitty, le “wwoofing” s’est révélé l’option idéale.  “Le principe du wwoofing est génial dans le sens où l’on est dans l’essence même de partage. C’est la meilleure façon pour s’immerger avec les habitants et découvrir leur mode de vie”.

Le mot, dérivé de l’acronyme World Wild Opportunity on Organics Farms (réseau mondial des fermes biologiques ndlr), désigne un concept de voyage basé sur la solidarité et l’écologie. Le voyageur est nourri et logé gratuitement en échange de quelques tâches effectuées au sein de l’exploitation agricole biologique qui l’accueille. À la ferme du Collet, les deux étudiants dorment chez Diego et Françoise. “On les aide pour les travaux collectifs, on cuisine avec eux, et on échange beaucoup sur l’organisation de l’écohameau, la vie en communauté et les principes qui les animent.” Leur découverte préférée : la myrte. “Une sacrée expérience culinaire ! Tout comme le cynorrhodon en tisane ! »

De gauche à droite : Diego, Françoise, Kitty et Théo. ©Coup de pouces !

À lire : le portrait de Diego et Françoise, par Alexandra Lay 

Jeunesse exploratrice

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Le jeune couple partage régulièrement son quotidien sur la page Facebook de « Coup de pouces ! » ©Coup de pouces !

“Nous voulions vraiment quitter notre petit confort, notre quotidien d’étudiant.” Leur jeunesse est, pour eux, leur principal atout. “C’est le moment idéal pour expérimenter, tester des nouveaux modes de vie. Ce n’est pas parce que l’on est jeune que l’on est pas réfléchi ou que l’on ne doit pas remettre en question ses habitudes, sans pour autant se couper du monde et de son quotidien”, souligne Théo. Ce dernier n’a d’ailleurs pas totalement rompu avec la fac : il met à profit cette année sabbatique pour faire une licence d’anglais par correspondance. “C’est pas tout le temps facile sans accès internet régulier mais au moins je reste “connecté”, je fais quelque chose.”  L’objectif des deux étudiants est aussi d’évaluer, à terme, s’ils pourraient rejoindre une communauté… voire créer la leur.  “On verra avec le temps si l’expérience se révèle concluante. »

Dans une semaine, Théo et Kitty quitteront la ferme du Collet. À partir de janvier, ils franchiront la frontière à la découverte de nouveaux écolieux nichés aux quatre coins de l’Europe. Prochain coup de pouces : la ferme biologique de Torri Superiore, en Italie, qui abrite, rien de moins… qu’un élevage de lamas ! 

Julianne Paul / @julianne_pl

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