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Les bonnes habitudes, le temps d’un confinement seulement

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Les jeunes français sont nombreux à avoir tenté le yoga lors du premier confinement

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Cuisiner, lire, faire du sport… Le premier confinement aura au moins permis aux jeunes de réapprendre à prendre le temps. De bonnes habitudes rapidement laissées au placard depuis la rentrée et plus difficile à reprendre pour ce second confinement. 

Quelques semaines après la fin du premier confinement, « les surgelés étaient vite de retour » raconte Jules, doctorant en droit privé qui s’était révélé un talent de cuisinier pendant ces quelques mois confinés. Pour Marie, en alternance dans un Ephad, c’est le yoga qui est passé à la trappe dès la reprise du travail. Pendant le premier confinement, entre les stages annulés, la faible intensité de cours sur Zoom et les bars fermés, les jeunes ont (ré) appris à vivre l’instant présent et à réfléchir sur leur mode de consommation. « Pendant le confinement, j’ai tenté des choses : consommer responsable et local, acheter au jour le jour directement au producteur… Réduire mon impact carbone. Dire à ses proches qu’on les aime. Confronter et vérifier les informations…», raconte Fiona, étudiante en histoire. 

Tous déplorent depuis la fin du premier confinement « un manque de temps. » Jules explique que depuis cet été son « temps libre s’est rempli autrement depuis la fréquentation à nouveau des bars et des restaurants. Et la fatigue due au travail en présentiel avec les trajets entre le domicile et le lieu de travail, ne me donnent plus l’envie d’y consacrer autant de temps. »

Témoignage récolté sur Linkedin (Crédits/Ophélie Francq)

Un réel manque de temps ?

SI pendant le confinement les heures paraissaient parfois longues, la reprise du travail, le retour des bars et la réouverture d’Ikea ne laissent plus la place aux longs moments d’ennui. Pourtant, le sociologue Jean Viard, dans le journal le Un, explique que « du temps, nous l’avons. Nous n’en avons même jamais eu autant. » 

Selon lui, nous disposons même de quatre fois plus de temps libre que nos aïeux, pour qui le travail prenait une place plus importante. « Nous sommes rentrés dans une société de consommation et même d’hyper consommation du temps. Et il faut bien s’y résoudre : on ne lira pas tous les livres, on  ne verra pas tous les films, on ne fera pas tous les voyages possibles et toutes les rencontres imaginables », souligne le sociologue. « De plus en plus connectés, de plus en plus sollicités, nous voyons les heures disparaître à une vitesse vertigineuse. »

En effet, Louis, étudiant canadien, avait décidé de supprimer ses applications de réseaux sociaux pendant le confinement pour se recentrer. Mais l’impératif de regarder ses mails depuis la reprise du travail, le tente depuis de passer du « temps extra-messagerie » sur les réseaux. « Paradoxalement, c’est donc quand j’avais le plus de temps libre, durant le confinement, que j’utilisais le moins ces réseaux… » souligne le canadien.

Second confinement : plus de temps mais moins d’envies…

Le confinement devait être l’affaire de quelques mois seulement, mais de nouveau confinés depuis le 29 octobre, les jeunes ont pourtant du mal à reprendre leurs bonnes habitudes et à profiter de ce temps suspendu. Plus qu’un manque de temps, c’est l’absence de motivation qui est de mise. « Le sport et les séances de yoga c’est fini pour moi », raconte Carla, étudiante en journalisme. « Ce second confinement et l’incertitude sur l’année à venir sape le moral et empêche de se motiver de nouveau… On se rend compte qu’être confiné risque de devenir notre quotidien pour pas mal de temps… »


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