Les campagnes font l’impasse sur la question des violences conjugale

Harcèlement, violences, féminicides: lors des campagnes des candidats aux municipales de Marseille, la question des violences faites aux femmes est passée à la trappe. Pourtant, selon les associations, l’urgence est là. 

Pancartes de la marche du 8 mars 2020 à Marseille. Crédits : Emilie Méchenin.
Un an après le dérapage sexiste du candidat FN Stéphane Ravier en plein Conseil municipal, les droits des femmes n’ont pas réussi à s’imposer comme une priorité politique dans la cité phocéenne. La sécurité, le logement et l’emploi , ont réduit la protection des femmes à quelques lignes dans les programmes des candidats.  Pourtant, la Ville n’est pas un modèle en matière de protection des femmes en danger. Interrogé sur la question lors d’un débat, le candidat divers droite Bruno Gilles qui n’inscrit pas de propositions spécifiques aux femmes dans son programme, simplifie la problématique par un  « tout le monde a le droit de se sentir en sécurité, sans distinction ».
Des associations pourtant surchargées de travail
En 2018, près de 5 000 procédures pour violences conjugales ont été recensées dans les Bouches-du-Rhône, dont 3 000 seulement à Marseille, soit huit agressions en moyenne par jour. Certains collectifs et associations ont essayé d’alerter le public, notamment en collant des affiches relatant des féminicides ayant eu lieu à Marseille.
« Honnêtement, il y a tellement peu de réformes nationales que les politiques locales ne se soucient pas de ces questions, assure Soïzic, militante du collectif Collages Féministes à Marseille. Les associations sur le terrain comme Sos Femmes 13 sont la plupart du temps surchargées de travail. »
Un accompagnement des victimes insuffisant
Selon Soïzic, l’accompagnement des femmes victimes de violences est encore trop incomplet. La mairie de Marseille a mis en place un service d’écoute téléphonique gratuit pouvant mettre en lien les concernés avec des professionnels. Cependant, il ne s’agit que d’un service de conseil – seulement sur rendez-vous – autour des différentes procédures pour les demandes de divorce ou encore de demande de protection des victimes de violence au sein du couple.
Alors que l’ancien préfet de police Olivier de Mazières assurait peu avant le Grenelle lancé par la ministre Marlène Schiappa que l’accueil des victimes était « désormais une priorité », six mois plus tard la Ville semble toujours au même point. Contactée pour connaître les investissements réalisés ou prévus pour l’accueil des femmes et la sensibilisation aux violences, l’adjointe au maire Nora Preziosi, en charge de la thématique, n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Juline Garnier