Les ZAD, des communautés nomades

Les ZADistes posent un diagnostic clair sur notre société : un mal récurrent se propage dans les collectivités. Elles succomberaient à l’obsession du réaménagement territorial. Une idée fixe qui engendrerait dans le même temps une cécité vis-à-vis de l’environnement. Une surdité sélective les empêcherait même d’entendre la voix des citoyens. Pour redonner la vue et l’ouïe à ces collectivités, certains prescrivent une cure de ZAD.

Ces “zones à défendre” (l’acronyme original correspond à Zones d’aménagement différé) représentent des lieux de résistance sur lesquels des zadistes campent, afin de bloquer toute construction. Si certains décident ponctuellement de défendre une cause qui leur est chère, d’autres ont adopté un mode de vie nomade, de lutte en lutte. C’est le cas de Frédéric Raguenes, 35 ans, dont huit passés dans les ZAD. S’il ne s’agit pas réellement d’écovillages, ces camps éphémères et souvent de fortune partagent avec les éco-lieux quelques points communs : le partage de valeurs souvent axées sur la préservation de l’environnement, l’échange, la solidarité, et l’autosuffisance, au moins alimentaire. Un quotidien hors des sentiers battus.

Camille Rivieccio