À la rencontre d’Hack in Provence, les hackers du sud qui vous veulent du bien

par Nicolas Dixmier

À la rencontre d’Hack in Provence, les hackers du sud qui vous veulent du bien

À la rencontre d’Hack in Provence, les hackers du sud qui vous veulent du bien

Nicolas Dixmier
Photos : Nicolas Dixmier
31 janvier 2020

Créée en 2016, l’association Hack in Provence rassemble des hackers éthiques de la région Sud, ces experts en cybersécurité qui agissent en toute légalité pour signaler des failles informatiques à leurs concepteurs. Rencontre avec ceux qu’on appelle aussi « white hats » lors de leur assemblée générale annuelle.

Pour des gens qui tiennent à rester anonyme, le lieu de rendez-vous paraît téléphoné. A l’occasion de leur première assemblée générale de l’année, les hackers de l’association Hack in Provence se retrouvent au Nexus Bar, un bar gaming pour l’une des rares fois de l’année où ils se retrouvent physiquement. L’opportunité pour Nicolas et Julien de rencontrer les membres de l’association pour y adhérer. L’échange au sein de la communauté « hacking », c’est essentiel pour bien maîtriser ses outils pour ces deux consultants en cybersécurité fraîchement sortis d’école. Le seul moyen pour ces derniers d’éviter de passer pour des « black hats », des hackers parfois mal intentionnés qui agissent dans l’illégalité, eux qui se revendiquent « white hats », ces hackers éthiques mandatés par une entreprise pour trouver des failles informatiques.

20 heures, il est temps pour les membres d’Hack in Provence de se retrouver dans le sous-sol du bar pour discuter des événements à venir. « On ne se retrouve pas toujours dans des caves ! » ironise l’une des trois seules adhérentes de l’association qui tient à conserver son anonymat d’autant plus que les femmes sont peu nombreuses dans ce milieu. « On est allés à un congrès l’année dernière et sur des milliers de personnes, si on a vu une vingtaine de femmes, c’est le maximum » regrette-t-elle avant d’ajouter que « les femmes ont des soucis de crédibilité et sont peu représentées dans la communauté hacking ».

L’assemblée générale d’Hack In Provence au sous-sol du Nexus Bar

21 heures, l’assemblée générale s’attarde sur le débat sur le secret de l’identité des participants pendant les événements de l’organisation. Un grand dilemme puisque dans la communauté du hacking la question de l’anonymat reste centrale. Si la plupart des hackers éthiques aimeraient ne pas se cacher car ils agissent dans la légalité et pour le bien commun, la peur de la confusion entre pirates informatiques, « black hats », et « white hats », les poussent à rester anonymes, comme cette adhérente. Mais pour Julien Valiente, président de l’association et l’un des rares à ne pas cacher son identité, la volonté d’anonymat des hackers témoigne surtout d’un choix de vie qui permet de mettre tout le monde sur un pied d’égalité.

23 heures, l’assemblée se termine. Les membres d’Hack in Provence se donnent rendez-vous dans un mois pour préparer la Secsea, leur cycle annuel de conférences sur la cybersécurité. Une occasion importante pour ces hackers de livrer une image plus positive de leur passion, et pour certains, de leur métier.