Pêcher sur une rivière gelée au Canada

par Raphaèle Minconé

Pêcher sur une rivière gelée au Canada

Pêcher sur une rivière gelée au Canada

Raphaèle Minconé
Photos : Raphaèle Minconé
14 février 2020

Le lendemain de Noël, les Canadiens se ruent dans les immenses centres commerciaux pour le traditionnel « Boxing day ». Une unique journée de soldes, avec des prix dérisoires. Nous avons plutôt décidé de nous éloigner le plus possible des « Mall ». Le 26 décembre nous roulons 200 km en direction du petit village Saint-Anne-la-Pérade pour aller pêcher sur une rivière gelée, par -10 degrés. Une expérience à découvrir en images…

En voyage au Canada pendant les vacances de Noël, avec mon père et mon frère, nous logeons chez Guy, notre oncle canadien. Le 26 décembre, au réveil, il nous annonce que nous allons pêcher sur une rivière glacée. La saison de ce que les locaux appellent « la pêche blanche » ou encore « la pêche au poisson de Noël » a commencé il y a un peu moins de deux semaines. Très excités à l’idée d’aller faire une activité 100% québécoise, nous nous préparons rapidement, comme trois jeunes enfants.

Guy charge le pique-nique dans son pick-up et nous sommes partis pour un peu plus de deux heures de route. Nous sommes étonnés de devoir rouler autant pour atteindre le spot de pêche mais pour les Canadiens prendre le volant pour faire de longues distances est chose normale. (Lorsque eux font deux heures de route une journée, nous, Français, faisons plutôt un trajet équivalent à une demi-heure).

Nous arrivons au village Sainte-Anne-de-la-Pérade, traversé par la rivière Sainte-Anne, aux alentours de midi. Nous découvrons des centaines de petites cabanes en bois posées sur cette rivière recouverte d’une épaisse couche de glace.

Cabanes sur la rivière Sainte-Anne, glacée.

Plusieurs entreprises locales proposent de louer ces cabanes pour y pêcher toute la journée ou toute la nuit. Nous roulons avec vigilance sur la glace jusqu’à la cabane que Guy a loué plus tôt. Elle se trouve un peu à l’écart des autres, plus au Nord de la rivière.

Au milieu, notre cabane pour la journée.

Nous sommes accueillis par une jeune femme qui nous donne deux sacs de morceaux de foie de veau et de crevettes. Nous nous en servirons comme appâts sur les hameçons. Quand nous entrons dans la cabane, le poêle a déjà eu le temps de chauffer la pièce. Une bonne odeur de feu de cheminé nous donne l’impression d’entrer dans un petit chalet de montagne, tout en bois.

Guy a pris pour habitude de venir pêcher ici tous les hivers. Il s’assoit sur un des bancs au bord de l’eau. Il nous montre comment faire et nous donne quelques conseils avant de commencer…

Guy nous montre comment pêcher sous la glace.

Au dessus du trou, sur toute la longueur de la cabane, une douzaine de ficelles sont accrochées au plafond. Il n’y a plus qu’à les dérouler jusqu’au fond de la rivière, où les poulamons, aussi appelés « poissons des chenaux » se déplacent. Au bout de chaque ficelle se trouve un double hameçon, soit deux fois plus de chances qu’un poisson morde.

Les hameçons dans la cabane sont doubles.
Les ficelles au bout desquelles se trouvent les appâts sont dépliées sous la glace.

Nous tenons les ficelles du bout des doigts. A la moindre vibration, dès qu’elle bouge, il faut la soulever rapidement. C’est Julian, mon petit frère qui pêche le tout premier poisson. Il a mordu très rapidement, seulement deux minutes après avoir déposé l’appât dans l’eau. Parfois nous nous faisons avoir…des morceaux de glace remontent à la surface et font bouger nos ficelles, mais nous restons concentrés.

Les poissons pêchés dans cette rivière sont des poulamons.

À 16 heures la nuit commence à tomber doucement sur Sainte-Anne. Entre deux poissons, je décide de faire un tour dans ce petit village éphémère. Je constate seulement que toutes les cabanes sont distribuées en électricité. Même si la saison de pêche sur la rivière n’est ouverte que l’hiver, cela nécessite une véritable organisation.

Chalets sur la rivière glacée à la tombée de la nuit.
Notre cabane de nuit.
Fenêtre sur l’intérieur de notre cabane.

Dehors, le thermomètre affiche -11 degrés est fait donc, évidemment, office de congélateur pour notre pêche.

Guy dépose les poissons dans le seau, dehors.

Il règne une bonne ambiance « cocooning »  dans le chalet. Nous attendons calmement et en musique. Des tubes québécois du moment et des morceaux de rock s’enchaînent sur la radio locale.

A l’intérieur, tout le monde est concentré.

Il est 19 heures quand nous décidons qu’il est temps de partir. La pêche a été très bonne : 63 poulamons. Avant de quitter notre petite cabane nous rangeons, nettoyons, éteignons le poêle et mettons notre pêche à l’arrière du pick-up.

Résultat : 63 poissons en 6 heures.

Nous reprenons la route pour Montréal, très heureux d’avoir découvert cette activité typique d’ici. Il ne nous reste plus qu’à cuisiner et surtout déguster nos poissons cuits à la meunière.

Guy nous conseille,pour notre prochain voyage au Canada, d’essayer la pêche non pas sur rivière mais cette fois sur un lac gelé pour découvrir de nouveaux poissons.