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Naufrage du « Grande America » : vers une catastrophe écologique ?

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Le « Grande America » en feu, le 11 mars 2019. ©Marine Nationale
Alors que les nappes de pétroles libérées par le naufrage du navire devraient atteindre le littoral français ce dimanche 17 ou lundi 18 mars, les départements de Gironde et de Charente-Maritime viennent de placer leurs services en phase de « pré-alerte » pour anticiper au mieux cette pollution. 

Quatre jours après l’incendie qui a conduit au naufrage du navire de commerce italien, Grande America, à l’ouest des côtes françaises, les inquiétudes grandissent quant au risque de pollution. Le bateau transportait en effet 365 conteneurs dont 45 susceptibles de contenir des matières dangereuses, selon le préfet maritime de l’Atlantique. Au total  2 200 tonnes de fioul menacent de se déverser en mer. Deux nappes d’hydrocarbures s’étalant sur une dizaine de kilomètres ont été localisées au large de La Rochelle, elles pourraient atteindre les côtes françaises ce dimanche 17 ou lundi 18 mars. Les départements de Gironde et de Charente-Maritime, susceptibles d’êtres touchés par cette pollution viennent d’être placés en phase de « pré-alerte ». 

En réponse à cette urgence écologique, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a annoncé sur BFM-TV que « des avions de reconnaissance ont décollé de Bretagne pour aller mesurer l’ampleur de cette nappe et voir si elle continue à être nourrie par les cuves du navire qui a coulé et est actuellement à 4 500 mètres de fond ». Le ministre explique, « nous préférons anticiper un risque de pollution et déployer les moyens ». La préfecture de la Charente-Maritime demande de son côté, le déclenchement du plan Polmar Terre, plan de mobilisation spécial créé en France après la marée noire du Torrey Canyon en 1970 engendrée par le déversement de 77 000 tonnes d’hydrocarbures.

« C’est la nature qui paie et la nature c’est nous »

L’Etat affirme mobiliser les moyens suffisants pour réduire au maximum l’impact de ce naufrage, mais du côté des écologistes l’inquiétude s’accroît. « Quand ces bateaux coulent, c’est la nature qui paie et la nature c’est nous » a regretté Daniel Delestre, président de la SEPANSO (société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest), au micro de France Bleu Gironde. L’association Robins des bois a de son côté annoncé vouloir porter plainte pour « pollution et abandon de déchets ». Le député européen écologiste, Yannick Jadot dénonce lui, « le laxisme autour du transport maritime ». Selon lui, les contrôles autour des règles de sécurité méritent d’être durcis par l’Union Européenne pour limiter ces « drames« . Il propose notamment un renforcement du personnel pour assurer le respect de celles-ci

On reste à l’heure actuelle, encore loin de la grande pollution du naufrage de l’Erika en 1999 : 400 km de côtes polluées, 200 000 oiseaux disparus, 250 000 tonnes de déchets produits. Le ministre de la Transition écologique se veut rassurant, il a déclaré : « Nous ne sommes pas du tout dans la situation de l’Erika, où c’était un pétrolier qui s’était cassé en deux à proximité des côtes. Nous avons un volume qui est plus petit ». Quatre navires français anti-pollution ont déjà été déployés pour démarrer les opérations de pompage et des avions de reconnaissance continuent d’arpenter la zone pour tenter de mesurer l’ampleur de cette pollution.

Camille Nowak

Auteur·trice

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