[LES P’TITES MAINS DE LA FIESTA] Dans les pas de Marine Berger

Marine, bénévole, prépare l’accueil des artistes de la Fiesta. Courses, accompagnement des stars : ses journées évoluent au rythme de ses pas.
Depuis une semaine, Marine a le nez dans sa « bible », le catalogue des exigences des stars du festival. © Sophie Maréchal

Pas n°1 : ça démarre sur les chapeaux de roues !  

9h, Marine prend son poste. Badge autour du cou, elle fait ses premiers pas sur le J4 encore en plein chantier. Pour cette Marseillaise de 26 ans, délocalisée à Paris depuis quelques années, sa mission de bénévole à la Fiesta s’inscrit comme un retour aux sources. Comme toute Marseillaise qui se respecte, la Fiesta des Suds, elle la connaît par cœur, mais en tant que festivalière. « J’y suis allée une fois en 2012, j’avais adoré, confie-t-elle. Mais là, c’est totalement différent d’y bosser. » C’est un concours de circonstances qui l’a amenée à postuler en tant que bénévole. « Je cherchais du travail, comme je m’y suis prise trop tard pour trouver un job, j’ai décidé de postuler en tant que bénévole. » Marine a été affectée au pôle accueil des artistes. Bénévole de « l’ombre », elle veille à ce que les artistes ne manquent de rien.

Pas n°358 : 30 allers-retours plus tard…     

Armée de sa « bible », comme elle l’appelle, Marine multiplie les allers-retours entre l’entrée du site et les loges des artistes. Dans ce guide, destiné aux bénévoles en charge de l’accueil des artistes, on trouve de nombreux détails sur les artistes présents : planning d’arrivée, nombre de repas demandés, coordonnées des hôtels… Certaines indications plus surprenantes y figurent aussi : les allergies alimentaires des artistes ou encore le détail des boissons demandées.

Pour satisfaire les « caprices » des stars, Marine se plie en quatre pour que les loges soient alimentées au mieux avec les produits demandés. « L’artiste la plus exigeante, c’est sans aucun doute Camille, livre-t-elle. Elle ne mange que bio, par exemple, et ne veut que des contenants en verre. En même temps, ça colle avec son personnage… » Les supermarchés sont devenus le quotidien de Marine, qui doit souvent partir en quête de produits parfois quasiment introuvables. « Un artiste nous a demandé du thé maté, un thé qui vient d’Amérique du Sud. Pour l’instant, on n’arrive pas à le trouver, je ne sais pas comment on va faire ! » Après une semaine de travail, la fatigue commence à se faire sentir. « Le plus dur, c’est de transporter des choses lourdes, souffle la jeune femme. Lorsqu’on doit alimenter les loges avec les boissons, on porte énormément. »

Pas n°10 765 : des regrets ? « Aucun ! »       

Diplômée en communication, Marine est actuellement en recherche d’emploi. Plutôt que de passer ses journées à se morfondre sur son sort, elle a choisi de se lancer dans le bénévolat. « C’est quelque chose qui m’a toujours attiré. À l’avenir, j’aimerai m’y investir encore plus et pourquoi pas faire de l’humanitaire », explique-t-elle. Alors malgré les quelques galères qui s’ajoutent au cours de sa journée, Marine se sent épanouie : « Ça me fait encore plus vibrer d’être bénévole plutôt que d’être à Paris, derrière un bureau. J’ai la chance de côtoyer les artistes toute la journée et ça, ça n’a pas de prix. »

Pas n°34 798 : discrète, mais pas sans fête !          

Malgré tout, discrétion oblige pour Marine, « on ne doit pas parler d’argent ni d’alcool devant les artistes, c’est une règle d’or ». Il est 18 h, la Fiesta commence et la journée de Marine s’achève, non sans quelques suées. Exit les coulisses, direction la fosse, face à la scène, pour enfin profiter des concerts.

Camille Nowak