Référendum sur l’avortement : les Irlandais votent « oui » à 66%

Ce samedi 26 mai, les Irlandais se sont rendus aux urnes lors du référendum sur la libéralisation de l’avortement. Ils ont dit « oui » à plus de 66% en faveur du droit à I’avortement. Ce scrutin marque un tournant dans l’histoire de l’Irlande, pays à forte tradition catholique. 

4,7 millions d’Irlandais devaient se prononcer ce samedi 26 mai pour ou contre l’abrogation du 8e amendement de la Constitution irlandaise. Ce texte, introduit en 1983, interdit l’avortement au nom du droit à la vie de « l’enfant à naître (…) égal à celui de la mère ».

Après une campagne longue et difficile, où les divisions entre jeunes et plus âgés, ville et campagne se sont montrées parfois violentes, les électeurs ont approuvé à 66,4% l’abrogation de l’interdiction constitutionnelle de l’avortement. Le taux de participation s’élève à 64,1%. Un soulagement pour les partisans du oui. Jusqu’à aujourd’hui, la loi irlandaise était extrêmement restrictive, interdisant l’avortement, sauf en cas de danger pour la mère. Même en cas de viol, d’inceste, ou de malformation du fœtus, une femme ne pouvait avoir recours à l’IVG, qui était puni de quatorze ans de prison et d’une amende.

Sur 2,15 millions de bulletins de vote exprimés, 1,43 millions s’est exprimé en faveur de l’avortement. Selon le sondage IPSOS/MRBI, les femmes ont voté à 70 % pour la libéralisation de l’IVG et 30 % contres. Chez les hommes, 65 % ont voté pour le oui et 35 % pour le non. Les jeunes de 18-24 ans ont voté à 84% pour le oui, alors que les personnes âgées de plus de 65 ans ont, elles, voté majoritairement contre le changement de législation.

Un vote historique dans ce pays à forte tradition catholique, démontrant la perte de l’influence de l’Eglise : il y a trois ans, le mariage homosexuel était autorisé, après un référendum également. Des centaines de personnes ont envahi la cour du château de Dublin, pour clamer leur joie et leur émotion.

Suite à ce référendum, le gouvernement doit élaborer un nouveau projet de loi. S’il est voté par le Parlement, ce texte devrait autoriser librement l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse, et jusqu’à 24 semaines pour raisons de santé.

Audrey Vermorel