Un joueur pro de jeu vidéo sanctionné par Blizzard pour son soutien aux manifestants hongkongais

Tournoi d’Hearthstone organisé à la Gamescom en 2015 en Cologne – Sergey Galyonkin

Blizzard, une célèbre société américaine de développement de jeux vidéos, a sanctionné un joueur professionnel qui participait à une de leur compétition. Il est privé de tournoi pendant un an et perd ses gains. 

Chung Ng Wai, dit Blitzchung, participait à un tournoi « GrandMasters 2019 » de Hearthstone, un jeu de carte virtuel et compétitif, organisé par Blizzard le 5 octobre dans la région Asie-Pacifique. Après une victoire, il a vivement affirmé son soutien aux manifestants hongkongais. Une effusion qui n’a pas plu à Blizzard qui a supprimé la vidéo de la prestation du joueur, fait tomber ses gains à zéro et l’a interdit de tournoi pendant un an.

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Un joueur hongkongais

Cette prise de position s’explique très facilement par l’origine du joueur professionnel, lui-même hongkongais. Il a montré son soutien aux millions d’hongkongais qui manifestent depuis des mois contre une loi d’extradition vers la Chine continentale et pour plus de démocratie.

Durant l’entretien après sa victoire, il a enfilé un masque à gaz souvent utilisé par les manifestants tout en s’exclamant « Libérez Hong-Kong, la révolution de notre temps ! »

Blizzard plongé dans la controverse

Pour justifier les sanctions à l’encontre de ce joueur, Blizzard a invoqué le règlement qui stipule que « tout acte qui, à la seule discrétion de Blizzard, vous discrédite publiquement, offense une partie ou un groupe du public, ou endommage l’image de Blizzard, entraînera le retrait de Grandmasters et la réduction du prix total du joueur à zéro, en plus des autres recours qui peuvent être prévus. » 

Une règle suffisamment floue pour permettre à Blizzard une certaine marge de manoeuvre sur le contenu qu’il diffuse. Et surtout pour ne pas perdre l’accès au marché chinois en se mettant Pékin à dos.

Mais les joueurs et le public n’ont pas tardé à faire entendre leur mécontentement face à ce qu’ils interprètent comme une censure. Plus de 50 000 tweets comportant le mot « Blizzard » ont été publié depuis samedi. S’il n’a pas voulu fâcher Pékin, Blizzard s’est mis une partie de la communauté des gamers à dos.

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Marie ALLENOU