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Le Massilia toujours à la fête

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©Andy Millet

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Fidèle. Le Massilia Sound System ne manque pas une édition de la Fiesta. Les membres du groupe reviennent en citations sur leur rapport au festival.
Le groupe a assuré le show devant un public multi-générationnel. © Julie Le Mest

« Donc, tout ce qui est interdit ils s’en foutent quoi, y en a un qui veut boire sa bière mais c’est interdit, un autre qui veut fumer son joint, c’est interdit… ils changeront pas les gars ! », surpris, un bénévole s’amuse de l’attitude rebelle du groupe. Aucune note n’a encore résonné au J4 mais les voix assurées du Massilia se font déjà entendre. Après 30 ans de carrière, le groupe est habitué des festivals. En vingt-sept ans de Fiesta des Suds, rien a changé chez le groupe. Rien, ou presque.

« Massilia a gardé l’esprit de la fiesta »

Le groupe met le « oai » (« bordel », en occitan) depuis la première édition de la Fiesta. Pourquoi cette fidélité ? « Ce festival, on l’a vu naître, on connaît l’équipe fondatrice, ce sont des amis », répond Papet J, l’un des chanteurs du Massilia. « On se retrouve dans le côté rassembleur de la Fiesta, qui fait venir un maximum de Marseillais de tous horizons, un maximum de gens qui ne se rencontreraient pas autrement. On a gardé cet esprit. » Le chanteur ne jure que par les initiatives de proximité, celles qui rapprochent des personnes, des voisins ou les habitants d’une ville.

Malgré les règles, les chanteurs ont partagé le pastaga avec le public. © Julie Le Mest

« Les dix premiers rangs ont toujours le même âge, on n’a pas l’impression de vieillir »

Aucun changement non plus du côté du public. « Toujours extraordinaire ! Le public est là, fervent, il est jeune ! Les dix premiers rangs ont toujours le même âge, on n’a pas l’impression de vieillir », lance Papet J, rieur. Derrière les premiers rangs, le public du Massilia reste hétérogène et rassemble plusieurs générations. Des fans habillés d’un t-shirt à l’effigie de leurs idoles – sorti du placard ou acheté quelques minutes avant le concert -, de véritables backeurs à la mémoire riche et de rares néophytes remplissaient l’espace face à la scène Mer.

Les fidèles étaient présents pour assurer une ambiance digne du stade Vélodrome. © Andy Millet

« On a une appartenance à Marseille qui est dans notre bagage, notre identité »

Le Massilia incarne une identité territoriale depuis ses débuts. « On a une appartenance à Marseille qui est dans notre bagage, notre identité », affirme Papet J. Les textes sont en français et en occitan car le groupe ne comprend pas l’intérêt de chanter dans une langue différente de ses origines. Autour des paroles se mélangent de multiples influences qui viennent de tous les continents. Le chanteur rappelle que Marseille est un mélange d’Europe, d’Afrique et d’Asie.
Massilia est tout un symbole pour les Marseillais et les rend fiers. Leur ville, qui est aussi celle des membres du groupe, est une source d’inspiration intarissable. A chaque album sa chanson élogieuse, amoureuse ou nostalgique. Un Dimanche aux Goudes, à passer en famille ou entre amis, Ma ville est malade, qui nous entraîne de Bonneveine aux Aygalades…

« On est de plus en plus en colère »

Massilia ne se veut pas plus engagé, mais se dit « de plus en plus en colère ». « Ce monde devient tellement inhumain ! L’individu ne compte plus, l’autre ne compte plus », déplore Papet J, qui pense malgré tout que les concerts sont un temps de cohésion et d’espoir.

Vingt-sept ans après leur première Fiesta, rien n’a changé dans l’esprit du Massilia… Enfin, pas tout à fait, selon Papet J :« les seules choses qu’on appréhende sont les douleurs au dos ou aux genoux… On vieillit, quand même ! »

Mariétou Bâ

Auteur·trice

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