Phytothérapie : une méthode naturelle pour affronter l’hiver

Médecine traditionnelle et ancestrale, la phytothérapie -qui permet de se soigner par les plantes – connaît un succès grandissant auprès des patients. Lavande, vigne rouge, pissenlit, ou encore gingembre… la liste des trésors de la nature capables de soigner est longue.
Plantes médicinales – Crédit : Pixabay

L’hiver est là avec ses copieux repas de fêtes et ses petits rhumes, et pour certains, la phytothérapie apparaît comme une bonne solution pour s’y préparer et l’affronter. Cette pratique connaît un regain d’intérêt depuis quelques années : le médicament classique est délaissé, par crainte d’effets secondaires ou même, parfois, de ses risques d’overdoses. Selon les cahiers de l’ordre des pharmaciens, 63% des sondés font confiance à la phytothérapie, et 28% d’entre eux lui donnent même la priorité vis-à-vis des médicaments.

Une heure seulement après son ouverture, l’herboristerie du père Blaize, dans le quartier de Noailles à Marseille, a déjà accueilli une bonne dizaine de clients désireux de revenir à des méthodes plus naturelles. L’enseigne, née au 18e siècle, propose toutes sortes de plantes médicinales et thérapeutiques. Dans la file d’attente, Paulette, 93 ans. C’est une inconditionnelle de la boutique : « J’ai grandi à la campagne. Je ne me suis jamais soignée qu’avec des plantes. Je les connaissais toutes ! » s’exclame t-elle. Michèle, elle, est venue acheter une tisane. « Je ne voulais plus prendre de cachets : je prends cette tisane depuis deux ans, et je n’ai plus mal aux jambes quand je marche ! »

Des traitements complémentaires

La phytothérapie et les médicaments classiques (« allopathiques ») sont souvent opposés : pourtant, la plupart des traitements allopathiques sont créés à base de plantes. Aspirine, morphine, ou encore codéine, ces médicaments du quotidien viennent du saule blanc (pour l’aspirine) ou du pavot (pour les deux autres), mais remplissent deux fonctions différentes.

Cyril Coulard est le pharmacien titulaire de la Maison Blaize. Il reconnaît volontiers une vraie complémentarité des deux traitements. « Mon métier, c’est de faire le lien entre le patient, sa pathologie ; les médicaments qu’il prend le cas échéant (ça, c’est ma valeur ajoutée de pharmacien) ; et les plantes que je vais lui conseiller (ça, c’est ma valeur ajoutée d’herboriste) !« . Selon lui, le recours à la phytothérapie peut intervenir en prévention de petits tracas du quotidien, comme les troubles digestifs ou du sommeil, ou alors, accompagner un traitement médicamenteux plus lourd, par exemple en allégeant ses effets secondaires. L’allopathie reste incontournable pour soigner des pathologies plus lourdes.

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Si la phytothérapie est alors idéale pour se préparer au froid de l’hiver, se soigner par les plantes n’est pas un acte anodin. La phytothérapie est une discipline, au carrefour de la médecine, de la pharmacie et de la botanique. Selon la pathologie et le patient, certaines plantes pourront être contre-indiquées : il est indispensable de demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.