Portrait – « Pour être maire, il faut avoir du cran »

Christine Galilei est maire de Saint-Just d’Avray, une commune de moins de 1000 habitants, depuis 2014. Engagée dans la vie associative, ancienne ouvrière et peu familière de la fonction publique avant son mandat, elle représente parfaitement bien le concept de maire dans une commune française. Pourtant elle est aussi une femme, plutôt jeune lors de son élection, deux caractéristiques qui dénotent avec le profil du maire de 2014.  

Un léger accent lyonnais, et la voix bien affirmée, Christine Galilei ne passe pas par quatre chemins. Lorsqu’elle a décidé de s’engager dans la vie politique de Saint-Just d’Avray, elle s’y est investie pleinement. Elle connaît le village sur le bout des doigts, et pour cause ! Elle y habite “depuis toujours”. Situé dans l’ouest lyonnais, “Saint-Just” compte 806 habitants. Peu d’administrés mais beaucoup de travail pour Christine, qui a choisi de dédier la quasi totalité de son temps à la commune. “Je suis une personne qui fait les choses à fond. Je suis plus du genre à m’occuper des autres qu’à m’occuper de moi” confie l’élue. A 47 ans et sans emploi en 2013, elle décide de se lancer dans la course aux municipales de 2014, et prend la tête de liste sans l’avoir trop prévu.

Une personnalité connue dans le village 

Engagée, Christine l’a toujours été. Avant de s’investir dans la vie municipale de sa commune, elle a été membre de plusieurs associations, dont la Farandole, où elle a été bénévole pendant dix ans. L’association propose des activités hebdomadaires pour tous les âges dans le village de Saint-Just d’Avray et aux alentours. Faire vivre une commune, elle en avait eu un avant-goût. 

“Je n’ai pas vraiment fait campagne, je suis restée telle que je suis. Dans nos petites communes on vote pour une personne plus qu’un parti. Les gens me connaissaient déjà, ils savaient que j’étais engagée dans des associations.” Avec onze autres personnes, elle a mené une candidature groupée pour redonner un nouveau souffle au village, et cette initiative a eu un grand succès :  “On a proposé un choix aux habitants, car avant il n’y avait qu’une seule liste, ce choix a été apprécié.” 

Être une femme maire 

Christine fait partie des 16,9% de femmes maires en France. Si certaines élues se retrouvent confrontées à du machisme, Christine ne ressent rien de tel à Saint-Just d’Avray. “Quand on est en réunion, je ne me sens pas exclue avec des hommes, mais il faut oser intervenir dans une assemblée, savoir défendre ses projets.” 

Pour elle, le petit nombre de femmes maires s’explique par un manque de temps dû aux contraintes de la vie familiale. “Dans ma génération, c’est plus la femme qui s’occupait de la famille et des enfants. Une femme peut être moins disponible, surtout si elle a un travail. Personnellement, si j’avais eu des enfants en bas âge et un travail, je ne me serais pas présentée en tant que maire.”

Si la parité n’est pas obligatoire dans sa petite commune de moins de 1000 habitants, Christine estime pourtant cette valeur essentielle. “Je pense que la parité est importante, car il n’y a pas de différences entre les hommes et les femmes au niveau réflexion et gouvernance, mais les femmes peuvent apporter des idées que n’ont pas les hommes” développe-t-elle

Une expérience prenante mais enrichissante

Comme de nombreux maires, elle a appris sur le tas comment gérer une commune. Auparavant responsable logistique dans une usine, remplaçante à la poste, employée par son mari artisan… sa carrière était bien éloignée de la fonction publique. Le travail de maire lui a donc “appris le fonctionnement d’une administration publique”. 

Mais derrière ces acquis se cache un travail acharné. “Il faut avoir beaucoup de disponibilité, y compris le soir. J’ai au moins deux à trois réunions par semaine en soirée. (…) Je m’étais dit que j’allais retrouver un petit mi-temps mais j’ai vite abandonné car je me suis rendue compte que je ne pourrai pas tout faire.” Difficile alors de concilier activité de maire et vie de famille, pour cette mère de trois filles. 

Forte de son expérience de presque six ans, elle a quelques conseils pour une personne qui souhaiterait se lancer dans l’aventure à son tour. “Il faut que le conjoint soit partant. C’est un choix de vie qui prend énormément sur la vie privé. (…) Pour être maire, il faut aussi avoir du cran, du caractère.” Enfin, elle souligne l’importance de pouvoir compter sur le soutien de ses adjoints. Des conseils qu’elle pourra appliquer à elle-même puisque la maire a décidé de se représenter en 2020. 

Marie ALLENOU