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Portrait : Williams Marzec, un Ch’ti chez les Marseillais

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Williams Marzec est un passionné. Il dépense près de 300€ pour aller voir l'OM au stade Vélodrome. ©WilliamsMarzec

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Quatre à cinq fois par an, Williams Marzec parcourt 800 kilomètres à travers la France pour aller au stade Vélodrome. Ce supporter de l’OM raconte le budget et l’organisation que de tels déplacements imposent.

Le stade de la Licorne à Amiens est à 80 kilomètres de chez lui, mais il préfère en parcourir dix fois plus pour se rendre au stade Vélodrome de Marseille. Williams Marzec est un Picard pas comme les autres. Pour cet éducateur sportif de 47 ans, rien n’égale la ferveur des supporters de l’Olympique de Marseille. Quatre à cinq fois par an, le Noyonnais quitte les forêts de l’Oise pour les gradins du Vélodrome. « Mes amis m’appellent le Marseillais, c’est assez flatteur », s’amuse-t-il. Mais derrière cette passion dévorante pour le club provençal et son antre, se cache un investissement financier conséquent et une organisation logistique minutieuse.

« Au total, ça me coûte 300€ quand je vais voir un match. Mais quand on aime, on ne compte pas. Je préfère me sacrifier », affirme Williams Marzec. Le passionné doit ainsi débourser entre 100 et 150€ de billets de train pour ses expéditions. « Il faut aussi payer la place. Je vais en tribune Jean Bouin. Et pour trouver une bonne place, il faut compter 90€ ».

« Il y en a qui vont voir Gim’s en concert, moi je vais voir l’OM ! »

Un coût important qui n’a jamais découragé celui qui encadre les jeunes pousses de l’US Roye-Noyon. Les dépenses qu’il réserve à l’Olympique de Marseille lui imposent une certaine rigueur financière. « Il faut savoir gérer son budget. Je fais attention. Je ne fume pas, je ne bois pas. Le Vélodrome, c’est comme un spectacle pour moi. Il y en a qui vont voir Gim’s en concert, moi je vais voir l’OM ! »

Quand il descend à Marseille, le Picard est hébergé par sa famille. « Ça facilite les choses ». C’est d’ailleurs à son entourage familial que Williams Marzec doit son affection pour l’OM. « À l’âge de 20 ans, mon père est venu vivre dans le Sud avec ses frères et sœurs. Mais il ne s’est pas acclimaté. Il est remonté seul dans le Nord. Quand j’étais enfant, on rendait visite à ma famille paternelle à Marseille. À 12 ans, je suis allé au Vélodrome, j’ai eu la passion OM ».

35 ans après cette première, le Picard éprouve toujours les mêmes émotions dans les tribunes : « C’est une bouffée d’adrénaline. Les virages chantent. On oublie tout quand on est au Vélodrome ». Le Noyonnais envisage alors de passer sa retraite à Marseille et de s’abonner dans un des virages.

« Ça demande beaucoup de temps »

Mais en attendant que ce rêve devienne réalité, l’éducateur sportif doit encore faire face à l’organisation que demandent ses déplacements. « Je ne vais pas assez au stade à mon goût. Ça demande beaucoup de temps ».

Entre les gares TGV Haute Picardie et Saint-Charles, Williams Marzec a 4h30 de train pour se rendre dans la cité phocéenne. Pour assister à un match, le Picard prend trois à quatre jours de congé. « Je pars le mercredi pour revenir soit le dimanche dans la nuit, soit le lundi. Heureusement, j’ai un très bon président de club ».

Williams Marzec aurait normalement dû se rendre ce vendredi au Vélodrome pour suivre la rencontre face à Amiens. Mais un empêchement personnel l’a forcé à annuler son déplacement. Le Picard devrait retourner supporter les hommes d’André Villas-Boas face à Metz le 16 mai prochain, pour la dernière journée de Ligue 1. Pour l’occasion, le Noyonnais sera accompagné de quatre amis. « Mais on pourrait être 10, 12, 15, s’enthousiasme-t-il. Il y a une forte communauté fan de l’OM dans le Nord ».

Le Picard organisait d’ailleurs une fois par an des voyages en car pour se rendre à Marseille. « On réunissait 65 personnes. On partait le vendredi à 20h00, on roulait de nuit. On arrivait à 8h00. Puis on rentrait à 23h30 après le match. C’était grandiose ». Mais l’entraîneur des équipes de jeunes de l’US Roye-Noyon a dû laisser tomber l’initiative en 2010. « C’était compliqué à organiser et on a estimé que c’était dangereux quand on voyait ce qui se passait sur les aires d’autoroute avec les bagarres entre certains supporters ».

Au cours de ses voyages, Williams Marzec a croisé le chemin de plusieurs personnalités de l’OM. « Basile Boli, Didier Drogba, Steve Mandanda, Fabien Barthez, André Villas Boas», se remémore l’éducateur. Mais son prochain objectif, être reçu au centre d’entraînement du club. Et ce ne sont pas les 800 kilomètres qui le séparent de Marseille qui vont l’en empêcher.

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