Un club de boxe laisse la porte ouverte aux migrants

À Marseille dans le 6ème arrondissement, un club de boxe populaire prône l’intégration de tous. Chaque semaine, des migrants côtoient d’autres participants pour lutter contre les discours xénophobes. Après trois ans d’existence, cette association sportive séduit et tente de se renouveler.
Les nombreux inscrits s'entrainent le lundi, mardi et vendredi soir. Crédit: Simon GONZALEZ
Les nombreux inscrits s’entrainent le lundi, mardi et vendredi soir. Crédit: Simon GONZALEZ

Dans un petit gymnase où la chaleur contraste avec le froid glacial à l’extérieur, Kingsley*, réfugié nigérian enfile ses gants de boxe avec le sourire. Trois fois par semaine, il s’entraine dans ce club autogéré du 6ème arrondissement de Marseille. « Cela me permet d’oublier l’espace de quelques heures ma situation difficile », explique-t-il. Ce jeune homme de 22 ans a fui son pays il y a quelques mois à la recherche de meilleures conditions de vie: « Je me sens moins isolé. À chaque fois, je suis heureux de me retrouver ici.» Pour boxer, il faut payer 10 euros mais le fondateur du club, Hazem, est conscient de la situation précaire de certains inscrits. « S’ils ont un retard de 3 ou 6 mois, c’est pas grave. Nous sommes surtout là pour favoriser l’intégration des migrants.»

Alicia est originaire d’Allemagne. Il y a deux ans elle s’est installée à Marseille et s’est inscrite au club de boxe. Bénévole dans un collectif qui s’occupe des migrants, elle approuve cette initiative populaire. (Réalisation et montage: Simon GONZALEZ)

Fort de ses 150 inscrits, le club ne désemplit pas. En 2016, des migrants afghans ont été invités à monter sur le ring avec les habitants du quartier. Ici, il y a aussi des transsexuels et des femmes voilées qui se retrouvent pour se défouler. Un choix assumé pour lutter contre les discours xénophobes sans passer par l’argumentaire politique. « Nous accueillons tout le monde quelle que soit la condition sociale. C’est ça un club populaire », explique Hazem.

Hazem, le fondateur du club de boxe populaire, explique le fonctionnement de son association. (Réalisation et montage: Simon GONZALEZ)

L’intégration et l’autogestion sont la spécificité de cette association. Avec seulement les cotisations mensuelles des participants, cette initiative populaire vit depuis trois ans. Les entraineurs sont bénévoles et la hiérarchie est inexistante. « Le club appartient aux adhérents », justifie le fondateur.
Après une période de rodage, l’association tend à se renouveler et innover. Pour la première fois et dans quelques semaines, la majorité des adhérents va se rendre en Italie pour participer à une compétition de boxe anglaise. Accompagnés par leur entraineur Félix Bossion, triple champion de France de boxe sambo, elle a pour « objectif de développer des compétitions à Marseille. » Une initiative qu’ils revendiquent pour balayer les préjugés.

*Le prénom a été modifié

Simon GONZALEZ