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YESSS, le podcast de « warriors » qui recadre les machos

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Margaïd Quioc, Anaïs Bourdet et Elsa Miské animent une fois par mois ce podcast qui dénonce les violences sexistes. ©YESSSPodcast
Une fois par mois, trois Marseillaises s’emparent du micro pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles. L’objectif est de donner aux femmes les clés pour répondre à leurs harceleurs. Et ça marche, elles comptabilisent déjà plus de 20 000 écoutes. 

« On n’a pas à se faire écraser par les hommes, ils n’ont pas le monopole du métier », « Me peloter, me toucher, ça c’est niet, never », « Penses-tu avoir besoin d’être une femme pour préparer un biberon à 3 heures du matin ? » : autant de répliques livrées par les warriors de YESSS podcast, ces femmes qui ont triomphé face à leurs agresseurs. Ce podcast marseillais, dénonce les comportements sexistes en récoltant les témoignages de femmes qui répliquent à des violences ou propos sexistes. Propos machos, mains baladeuses, harcèlement en ligne… elles rétorquent par un coup de règle, une gifle ou avec un franc-parler qui en impose. Des victoires qu’elles affichent aujourd’hui fièrement : « le patron commence a me peloter les seins, j’avais une règle en fer devant je l’ai prise et je lui en ai donné des coups. J’ai été bien évidemment virée mais j’ai jamais regretté ma réaction. Me peloter, me toucher ça c’est niet, never », livre Agnès.

Pour que celles-ci cessent d’être des victimes et deviennent des « warriors », Anaïs Bourdet à l’origine de la plate-forme Paye ta schneck, Margaïd Quioc journaliste et Elsa Miské consultante récoltent chaque mois les témoignages de femmes via des appels sur les réseaux sociaux. Tous les mois, un thème différent est abordé : warriors de l’espace public, warriors en famille, warriors dans le sport… L’idée est de « mettre en avant une parole plus positive », explique Margaïd Quioc.

« On en avait marre de pleurer après chaque témoignage d’agression »

C’est suite à l’affaire Weinstein et à la création du #Metoo que les trois Marseillaises ont choisi de créer ce podcast : « On en avait marre de pleurer après chaque témoignage d’agression, on avait envie de quelque chose qui nous donne envie de nous battre, d’être fières, de continuer la lutte contre le sexisme »,  raconte Margaïd. Alors c’est en « guerrières » qu’elles ont choisi de donner de la voix et de dénoncer ces violences d’une manière singulière. Elles demandent aux femmes qui souhaitent témoigner de s’enregistrer, un moyen pour elles de donner la parole à toutes celles qui le souhaitent. Le but est de montrer aux femmes qu’il existe des solutions et qu’elles ne sont pas seules face à ces situations. Margaïd Quioc revient sur les prémices de ce podcast et sur son fonctionnement :

Explication de YESSS Podcast par l'une de ses fondatrices ©Camille Nowak

Coordonnées d’associations, texte de lois… le podcast est rythmé de conseils et informations livrées par les animatrices Marseillaises. L’objectif est d’exposer aux femmes toutes les ressources dont elles disposent pour réagir. Des moyens encore peu souvent utilisés puisque selon le ministère de l’intérieur, moins d’une victime sur 5 déclare avoir déposé plainte en 2017.

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En février dernier, elles ont choisi de s’intéresser au sexisme en ligne. Un thème qui a grandement fait écho dans l’actualité avec la Ligue du LOL, groupe Facebook dont certains membres, majoritairement des journalistes et communicants, sont suspectés d’avoir harcelé des personnes en ligne. Le podcast dresse un panorama de répliques toutes plus surprenantes les unes que les autres. « C’est quoi ce pauvre type qui ose m’afficher sur Facebook alors qu’il se garde le parfait anonymat. J’avais deux choix : soit je reste à terre là où il m’a laissé, soit je me relève. Ça m’a pas pris deux secondes pour me dire qu’il fallait que je me relève », Mélissa victime de revenge porn (publication de contenu sexuellement explicite en ligne dans le but d’en faire une vengeance). Elle poursuit : « Je publie un message sur la page Facebook en disant que j’assume les photos, que celles-ci ont été faites dans l’intimité et qu’elles n’avaient donc rien à faire sur Facebook. Les messages de gros dégueulasses ont fait place à des messages de soutien, ça m’a donné encore plus de courage. Depuis ce jour, personne ne peut me dire quoi que ce soit sur mon corps, ma féminité et ce que j’en fait avec ».

Les trois Marseillaises viennent de révéler le thème qui sera traité en avril prochain : « Warriors pendant le sexe ». L’appel à témoignages a été lancé sur les réseaux sociaux.

Camille Nowak 

Auteur·trice

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